Ananastwins-jumeaux

Entendre les premiers « Maman » et « Papa » , à chaque fois qu’ils les prononcent mon coeur explose de bonheur . Il y a peu,  jamais je n’aurais pensé les entendre un jour…

Je recommencerais tout ce parcours PMA , aussi douloureux et difficile soit-il,rien que pour revoir leur petit visage ce 6 novembre 2015. Rien que pour sentir leurs petits coups de pieds dans mon « petit » bidon , rien que pour lire sur le visage de mon homme le bonheur d’être père .

On s’est rencontré avec mon homme il y a maintenant un peu plus de 8 ans. Il habitait en région parisienne et de mon côté j’étais encore chez mes parents en Moselle, au bout de 6 mois je suis venue m’installer en région parisienne. Nous vivions notre vie tranquille entre boulot dodo et sortie avec les amies.

Au bout d’un an et demi de relation, nous nous sentions prêt à mettre le « projet » bébé en route , donc tout naturellement j’ai stoppé ma contraception (laquelle j’oubliais souvent) . Naturellement je me doutais bien que je n’allais pas tomber enceinte directement dès le cycle suivant , nous n’étions pas pressés de toute manière .

Les mois passent, toujours pas de bébé à l’horizon, on ne stresse pas trop , mais au bout d’un an on commence quand même à se poser quelques questions , en voyant nos amis devenir tour à tour parents .

Nous avons donc pris RDV dans une clinique à Meudon, sur les conseils de mon médecin généraliste, chez un gynécologue spécialisé dans les problèmes de fertilité. Bon pour l’amabilité, on repassera, c’est sur ce n’est pas le plus important, mais dans ces moments où l’on se sent perdue, on a limite envie qu’on nous prenne dans les bras.

Il nous dit gentiment qu’il faudra qu’on s’inquiète vraiment qu’au bout de deux ans… Plus facile à dire qu’à faire ! Nous patientons encore quelques mois … Et c’est la que la collection de tests de grossesse négatifs a débuté. Il suffisait d’un jour de retard dans mon cycle pour que je file à la pharmacie, et à chaque résultat négatif ce même sentiment, mais bon nous ne perdions pas espoir.

Nous sommes donc retournés au bout des 2 ans … et là prescription d’une série d’examens médicaux pour mon homme et moi (prise de sang, frottis, spermogramme) . Les résultats reviennent et pas d’anomalie .. Il me prescrit alors un petit traitement de fond pour booster un peu , traitement que je recommencerais 3 fois à quelques mois d’intervalle mais toujours pas de bébé …

Entre temps, nous avions déménagé en Essonne, mais ne supportant plus la vie en région parisienne et souhaitant une maison (dans l’espoir d’y voir grandir des mini nous ), nous sommes partis vivre en Eure et Loir , à mi-chemin entre Chartres et Le Mans.

J’ai donc décidé de m’informer sur les centres de PMA aux alentours et j’ai eu le choix entre celui de Poissy et celui de la Clinique du Tertre Rouge au Mans,le plus proche étant le Mans pour nous.

Je les ai donc contacté pour un rendez vous, et ils m’ont orienté directement vers l’un de leurs gynécologues. Vous imaginez bien que nous avons du refaire tous les tests et toujours les mêmes résultats. Mes ovaires sont juste un peu fainéants mais rien de dramatique et pour Monsieur quelques spermatozoïdes fainéants aussi mais rien qui n’expliquerait cette longue attente . Le gynécologue me fait comprendre alors que nous sommes dans le faible pourcentage des couples où la cause de l’infertilité est difficile à déterminer donc pas évidente à gérer et à soigner.

Pour être sur qu’il n’y aucun soucis interne, je suis hospitalisée pour subir une coelioscopie ( on vous fait 3 petites incisions au niveau du ventre pour y insérer des caméras , voir des instruments chirurgicaux si nécessaire), rien à signaler selon le gynécologue, bonne nouvelle me dit-il… Sur le moment je craque, je sature d’attendre sans connaître la raison de cette longue attente.

Pendant tous ces mois de rendez-vous médicaux, d’attente interminable, la vie continue et à chaque grossesse que l’on apprend c’est le même déchirement et des larmes …

Le gynécologue nous propose alors de tenter une première insémination . Nous présentons alors un dossier au centre de PMA pour un passage en commission , celui ci est validé . Je débute alors le traitement pour cette première insémination, qui malheureusement n’aboutira pas à une grossesse. Premier échec , apprendre à le gérer , et surtout se préparer au suivant.

S’en suit une deuxième tentative après une petite pause , qui elle aussi n’aboutira sur aucune grossesse.

Je ne vous en parle que maintenant, mais pendant ce parcours le plus important c’est de rester uni avec votre moitié. C’est souvent dans ces moments difficiles que l’on se rend compte si son couple est solide ou pas … J’ai eu de la chance de trouver un homme merveilleux qui a su me supporter pendant cette épreuve. Je peux vous dire que j’étais à la limite du supportable à certains moments …( je suis assez pénible en temps normal alors sous hormones je vous épargne les détails ..)

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Comme ces deux tentatives d’insémination n’ont pas fonctionné, le gynécologue nous a expliqué qu’il serait préférable de passer directement à la FIV ( fécondation in vitro) et renoncer aux dernières tentatives d’insémination ,le traitement serait plus lourd mais nous aurions surement de meilleurs résultats.

En mai 2014, nous tentions donc notre première fécondation in vitro . Des injections tous les soirs ( je me piquais toute seule , pourtant je ne suis vraiment pas à l’aise devant les aiguilles) , des comprimés , des prises de sang le matin et des échographies l’après midi un jour sur 2 ( par chance je travaillais à mi-temps et ma responsable était une personne adorable qui m’arrangeait mon planning pour que je puisse me libérer pour les rendez vous médicaux) .Une opération sous anesthésie générale est nécessaire pour la ponction des ovocytes, ce n’est pas long mais jamais très rassurant. Nous avons implanté 2 embryons pour cette première tentative, cela s’est passé un vendredi après-midi. Le lundi matin, j’avais décidé de reprendre mon travail mais mon corps en a décidé autrement. A peine levée, une violente douleur au ventre et un malaise s’en suit . On appelle les pompiers , je suis transportée aux urgences de ma clinique au Mans. Le gynécologue craint une torsion d’ovaire, mais par chance ce n’est pas le cas, mais de gros caillots de sang se sont formés, et le gynécologue a pu les retirer lors de la coelioscopie d’urgence que j’ai subi dès mon arrivée.

Vu les évènements, je n’y crois pas une seule seconde et comme je m’y attendais le résultat de cette FIV est négatif…On fait une pause de quelques mois , nous en avions besoin autant lui que moi.

En octobre s’en suit un transfert d’embryon , le seul qui restait de la première FIV, le traitement est un peu moins lourd heureusement.Nous attendons toujours ces fameux quinze jours pour la prise de sang , nous allons chercher les résultats directement au laboratoire , et là nous voyons un taux de 40 ! Premier test positif depuis le début de ce parcours, nous sommes sur un petit nuage, mais nous restons quand même prudents car une seconde prise de sang est à faire 48h après. Nous attendons donc ces deux jours et là c’est la douche froide le taux est redescendu à 0… Le moral est au plus bas …

Nous patientons encore une fois quelques mois avant de retenter une seconde FIV. Fin février 2015 début du traitement, on répète le même processus INJECTIONS – PRISE DE SANG – ECHO – PONCTION et le vendredi 13 mars 2015 on nous implante 2 jolis petits embryons. Encore et toujours ces 15 jours d’attente mais cette fois ci je dois aller chercher les résultats seule au laboratoire. Je patiente devant l’enveloppe en attendant que mon homme rentre du travail .

Nous l’ouvrons et là nous pouvons lire un taux de 1681 !!! Nous sommes sous le choc mais tellement heureux ! Nous renouvelons 2 fois la prise de sang , 2 jours après le taux atteint 4052 et grimpe à pratiquement 12 000 le 6ème jour ! Quelques jours après, rendez vous chez le gynécologue pour une échographie. Et là nous apercevons sur l’écran deux petites poches et il nous annonce le plus calmement du monde ce sont des jumeaux 🙂

J’espère ne pas avoir été trop longue mais j’ai essayé de vous raconter le plus en détail possible notre parcours pour enfin devenir les parents les plus heureux du monde .

J’aimerais vous dire de ne surtout pas perdre espoir pendant ce long et éprouvant parcours qu’est la PMA, mais je sais qu’entendre cela quand on le vit est assez usant . Comme cette maudite phrase que l’on entend  » Arrête d’y penser , c’est à ce moment là que ça viendra » … On ne peut arrêter d’y penser , ce n’est pas un caprice ,c’est l’envie d’être une mère, de serrer son enfant contre soi, de partager des moments en famille.

Je recommencerais de A à Z pour voir le sourire de Léo et Raphaël . Ils sont ma raison de vivre .

Ananastwins-PMA

28 Comments on Devenir parent , notre parcours PMA

  1. wouah!!!!!l’amour maternel a triomphé!!!!c’est une très belle histoire…et pour avoir vécu 3 fausses couches il est vrai qu’on ne pas toujours dire « pourquoi » ça ne marche pas!!!

    • Ca a du être tellement éprouvant pour toi ces 3 fausses couches 🙁 . Même si l’on entend souvent qu’une fausse couche n’arrive pas par hasard et que le corps l’a fait pour une raison il n’en reste que cela doit être très psychologiquement!!

  2. Oh je suis émue ça me rappelle tellement de « mauvaix  » ou plutôt bon souvenir vue que nos Loulous sont belle et bien la avec nous. C’est vrai que c’est un chemin sure mais qui soude encore plus un couple et qui en vaut le coup je recommencerai aussi ce parcours de fou juste pour les avoir avec nous. Et ça valait le coup tes petits poulpes sont magnifiques

  3. Comme je te comprend … j’ai vécu à peu près la même chose que toi les essais les tests négatifs 4 inséminations infructueuses, et une fiv, la première, à marche on a eu que 2 embryons les 2 implantés. .. et 1 à tenu bon. Si ça n’avait pas marché on aurait du recommence tout le protocole. Nous pas de jumeaux mais un merveilleux petit garçon de bientôt 2 ans et demi , Adam. Ma raison de vivre . Ça ne s’est pas arrêté la car j’ai eu une grossesse difficile alitée du 6 ème mois jusqu’à la fin j’ai tenu jusqu’à 8 mois et demi. Mon col était ouvert à 6 mois et donc hospitalisation pendant 3 semaines… du coup on est très réticents à avoir un 2eme bébé.on a notre magnifique garçon. .et ce n’était pas gagné. Mais jamais je n’ai voulu abandonner je ne me voyais pas sans enfant . Et ça a marché. Croire en ses rêves. ..

  4. Et comme je te comprends quand on te dit mais faut pas y penser ça va venir tout seul ! Non ça ne peut pas venir tout seul il y a une raison médicale à ce que ça ne vienne pas tout seul ! Quand on se fait soi même 2 piqûres par jour dans le ventre et qu on va faire des échographies 3 fois par semaine à la clinique , non , c’est impossible de ne pas y penser …

    • Je pense qu’il est impossible de comprendre cela tant qu’on ne le vit pas… Même si les paroles de certaines personnes partant d’une bonne intention certaines fois c’est blessant et usant à la longue …

    • Merci ma jolie 🙂 c’est vrai que j’en parle très rarement, mais avec l’ouverture du blog j’ai eu envie de me confier un peu et avec chance donner un peu d’espoir à des futures mamans , comme j’ai pu en chercher à un certain moment 🙂

  5. Oh lala! Je n’ose imaginer dans quel état vous deviez être après ces multiples échecs… C’est vraiment un parcours laborieux, mais comme tu le dis, le résultat vaut tous ces sacrifices et ces obstacles!

  6. Moi aussi mes jujus sont arrivés après un long parcours Pma : dernier transfert de FIV4…48 cycles d’attente mais ça en valait la peine comme toi si il fallait recommencer pour avoir leurs sourires j’y retournerai sans hésiter

  7. Waaa qu’elle jolie fin pour cette histoire assez douloureuse. Je penses que ce sont ce genre d’histoire qui donne du baume au coeur. Toutes les naissances sont un miracle mais quand on a vécu un parcours compliqué avant on comprend mieux l’immense chance que l’on a. Personnellement nous c’est une fausse couche qui fait que Morgan est mon miracle à moi,à nous je sais la chance que j’ai car je sais qu’il n’est pas facile ou acquis d’avoir un enfant en bonne santé. C’est bête peut être mais je savoure d’autant plus chaque moment. Quand il a bouger pour la première fois dans mon ventre, quand il s’endort dans mes bras, les larmes coulent toutes seules

    • Je redoutais tellement la fausse couche quand on a appris que c’était positif . Cela doit être tellement éprouvant de surmonter un tel évènement. Mais tu as raison je pense que l’on ne ressent pas une naissance de la même façon quand on a du passer par un parcours compliqué …

  8. Je te suis sur Instagram avec tellement de plaisir depuis quelques mois! mon petit dernier a 2 mois et demi de moins que tes poulpes et si j’ai commencé à te suivre c’est parce qu’ils ont un peu la même bouille que mon loulou d’amour!
    Je suis très émue de lire votre parcours de PMA! étrangement depuis mon plus lointain souvenir ça m’a toujours hanté! j’ai de la chance de ne l’avoir jamais vécu, seulement 5 mois d’attente pour mon grand et déjà les questionnements étaient là!
    Bien sûr je ne peux pas comprendre ce que toi, ton mari et des milliers d’autres couples avez vécu, mais j’essaie de me mettre à votre place!
    Ce qui est positif et réconfortant c’est de voir la façon dont vous savourez le bonheur d’avoir réussi d’avoir vaincu et cette joie dans vos mots et vos yeux que vous procurent vos 2 jolis petits princes!
    Bonne route la famille poulpe, je vous souhaite beaucoup de bonheur!

    • Merci beaucoup pour ton commentaire ! Cela me touche énormément ! Merci de nous suivre depuis plusieurs mois 🙂 Tu nous a bien cernés et tu as totalement raison 😉 on savoure totalement notre bonheur, et même si quelques fois on a des petits soucis de la vie quotidienne on relativise et on se dit que le plus important c’est qu’on soit ensemble tous les 4 ! Comment s’appelle ton petit dernier ? Beaucoup de bonheur à toi aussi 🙂 ( quel est ton pseudo Insta ? 😉 )

  9. Je suis émue de lire ton post, il me replonge qq années en arrière, ça fait bizarre d’y repenser ! J’ai été suivi à Poissy mais contrairement à toi, je n’ai jamais eu de grossesse, j’ai stoppé après discussion avec mon mari le parcours PMA à la 3* FIV ICSI et après le 6* transfert, je n’en pouvais plus et je ne le regrette pas car aujourd’hui j’ai la chance d’être la maman (par l’adoption) d’un merveilleux Trésor de 9 mois. Pour autant je n’oublierais jamais par quoi je/nous sommes passé pour en arriver là même si c’est plus doux aujourd’hui ! Tes petits poulpes sont adorables 😉

    • Je peux comprendre que vous ayez eu envie de stopper ce parcours , c’est tellement éprouvant … Nous avions discuté de l’adoption avant de se lancer dans la deuxième FIV , mais les petits poulpes ont décidé de pointer le bout de leur petit nez 🙂 Je suis heureuse pour toi ma belle que tu puisses connaître le bonheur d’être maman 🙂 Le parcours pour l’adoption n’a pas été trop long ? Merci pour mes petits poulpes 🙂 ( tu es sur Instagram ? Quel est ton pseudo stp ? )

      • Oui c’est très éprouvant mais bon ainsi va la vie et sans ca, notre vie ne serait pas celle qu’elle est aujourd’hui 😉
        Le parcours adoption a duré a peu près 6 ans et avant ca, nous avions eu les 6 ans PMA……mais aujourd’hui ces 12 ans on pris leurs sens -si je puis dire- Notre plus beau cadeau, notre Trésor !
        oui j’ai insta, c’est d’ailleurs grâce a ca que je suis tombé sur ton blog 🙂 c’est le même pseudo qu’ici.

  10. Les larmes coulent en te lisant..mais c’est du bonheur! J’ai le même parcours et après 6 ans d’attente et « pas de problème particulier » nous avons eu cet été des jumelles! On n’oublie rien de ce parcours mais le résultat dépasse toute nos espérances. Et effectivement il faut remercier nos hommes, formidables, qui nous soutiennent dans l’épreuve! Beaucoup de bonheur à vous 4

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