Grossesse

L’accouchement des mes jumeaux

Tout a commencé le vendredi 30 octobre 2015 … oui certaines vont se dire mais les petits poulpes sont nés le 6 novembre non ? oui oui ça n’a pas changé je vous rassure !!

Donc ce vendredi 30 octobre , ma sage femme vient à domicile pour sa visite hebdomadaire. Je vous avoue franchement que ses visites ne m’ont pas servies à grande chose , à part me répéter ce que mon gynécologue m’expliquait lors des échographies.

Je lui montre des petits boutons qui ont commencé à apparaître sur mon ventre le matin même et qui me démange un peu . Elle m’explique que ce sont surement les vergetures qui arrivent…Je trouve cela bizarre je n’avais jamais entendu cela mais bon je lui fais confiance . Elle me dit de bien m’hydrater le ventre pour calmer les démangeaisons.

Le samedi malgré la crème et l’huile que j’applique généreusement , les démangeaisons continuent et les petits boutons continuent d’apparaitre, le dimanche pareil . J’ai peut-être été très idiote sur ce coup là mais bon j’ai fait confiance à ma sage femme et je n’ai pas contacté mon gynécologue .

La nuit du dimanche au lundi est un peu compliquée , les démangeaisons s’intensifient et quelques boutons apparaissent au niveau du haut des cuisses donc le lundi matin je contacte mon gynécologue. Je tombe sur la secrétaire qui me hurle dessus en me disant que j’aurais du venir dès les premiers boutons , que c’est limite inconscient . Je lui explique bien entendu ce que ma sage femme m’ a dit et elle finit par me dire que je dois venir en urgences que cela pourrait être très grave . J’appelle mon homme dès que j’ai raccroché , il rentre aussi vite qu’il peut et nous partons à la clinique pour voir un gynécologue de garde . On s’installe dans la salle d’attente , une heure passe , une seconde heure passe … (je maudis la secrétaire qui m’a dit de venir de toute urgence ..)  Bien sur assise depuis plus de 2h sur une chaise avec le stress puissance 1000 , je commence à avoir des contractions assez sympas qui arrivent .. Nous prévenons ma copine la secrétaire , une sage-femme vient me chercher dans la salle d’attente et m’accompagne jusque dans une salle de naissance pour faire un petit monitoring de contrôle.

Je lui montre les boutons et elle m’explique calmement que cela aurait été plus prudent de venir avant , car cela pourrait être une cholestase gravidique. Cela risque d’être dangereux pour les petits . Mon inquiétude grimpe encore plus et les contractions continuent. Une prise de sang est faite pour vérifier si c’est bien une cholestase gravidique , en attendant les résultats un maïeuticien ( un sage femme si vous préférez ) vient pour contrôler mon col et là il m’annonce que le col est ouvert à 2 doigts !!!

Et là c’est la panique pour mon homme et moi !! On avait pas du tout prévu cela !!

Vous imaginez bien que pendant tout ce temps là j’ai maudit ma sage femme ….je n’ai plus jamais eu de nouvelles d’elle depuis ce vendredi bizarrement !!!

Les résultats reviennent et la cholestase gravidique est écartée fort heureusement ! Mais vu l’état de mon col et comme nous habitons à 60 km de la clinique , le gynécologue préfère me garder pour la nuit .

Les petits poulpes se portent à merveille malgré tous ces tracas, ce qui me rassure 🙂

Je passe la nuit du lundi au mardi à la clinique , ils essayent tant bien que mal de me soulager les démangeaisons mais ça s’empire. Le lendemain matin, un gynécologue examine mon col, les contractions se sont calmés au fil de la nuit . Et là il m’annonce que mon col est bel et bien fermé, j’ai même le droit à une échographie qui le prouve. Il me dit que le sage femme a du trop forcé… On hallucine avec mon homme… On m’autorise à rentrer avec des anti histaminiques pour calmer ses horribles démangeaisons. J’ai tenté tout le long de la grossesse de ne prendre aucun médicament mais là je craque cela devient insupportable.

Je ne dors pas de la nuit.Je suis épuisée… Mon homme décide de m’emmener le mercredi à la clinique , je suis un vrai zombie qui ne fait que se gratter . Les petits boutons sont devenues des plaques , rien ne les calme ( j’ai pu lire sur des forums que certaines femmes enceintes attrapaient cela dès le 4ème mois de grossesse , je les plains … ) .

Je reste la nuit de mercredi à jeudi à la clinique afin de voir l’évolution des choses . J’essaye de prendre sur moi le plus possible . Mais le gynécologue,devant l’étendu des plaques et mon état de fatigue intense, préfère déclencher l’accouchement le jeudi soir .

Voilà un peu l’ampleur des plaques … Je n’ai gardé aucune cicatrice heureusement, mais j’ai gardé une peau très sèche depuis.

Je m’en veux encore de ce déclenchement , je me dis que les petits poulpes auraient pu rester encore bien au chaud , je me dis que j’aurais du me taire et ne pas me plaindre de ces démangeaisons . Les sages femmes et les infirmières puéricultrices ont essayé de me réconforter pendant notre hospitalisation mais je m’en veux et je m’en voudrais toujours .

L’accouchement s’est très bien passée fort heureusement . Un peu long certes, on a commencé le jeudi vers 19h et les petits poulpes sont nés le vendredi à 14H20 et 14H33 . Le déclenchement des contractions avec le tampon s’est fait assez rapidement même trop donc il a été vite retiré . Ils m’ont posé la péridurale vers 1h du matin , ce qui m’a permis de me reposer un peu et mon homme aussi 🙂

J’ai eu le droit à une visite d’un dermatologue 2 jours après l’accouchement, il m’a diagnostiqué un prurit de grossesse ( une sorte d’eczéma de grossesse), c’est tout simplement mon corps qui ne supportait plus les hormones de grossesse … sympa !!! Les plaques ont cessé de s’étendre 3 jours après l’accouchement. La seule partie du corps qui a été épargné , mon visage ! Et le dermatologue m’a gentiment annoncé que lors d’une seconde grossesse , j’aurais surement la même chose …Très rassurant !

Mais quand je vois mes petites merveilles, je me dis que malgré tout ce qui s’est passé et malgré le déclenchement , j’ai de la chance d’avoir des petits poulpes en bonne santé et 36 semaines dans le ventre de Maman c’était déjà beaucoup , car beaucoup de nos copains et copines sur Instagram n’ont pas eu cette chance et ont décidé de sortir un peu plus tôt .

Et vous ? Tout s’est bien passé lors de vos accouchements ? A quel terme sont arrivés vos petits choux ??

 

 

Devenir parent , notre parcours PMA

Ananastwins-jumeaux

Entendre les premiers « Maman » et « Papa » , à chaque fois qu’ils les prononcent mon coeur explose de bonheur . Il y a peu,  jamais je n’aurais pensé les entendre un jour…

Je recommencerais tout ce parcours PMA , aussi douloureux et difficile soit-il,rien que pour revoir leur petit visage ce 6 novembre 2015. Rien que pour sentir leurs petits coups de pieds dans mon « petit » bidon , rien que pour lire sur le visage de mon homme le bonheur d’être père .

On s’est rencontré avec mon homme il y a maintenant un peu plus de 8 ans. Il habitait en région parisienne et de mon côté j’étais encore chez mes parents en Moselle, au bout de 6 mois je suis venue m’installer en région parisienne. Nous vivions notre vie tranquille entre boulot dodo et sortie avec les amies.

Au bout d’un an et demi de relation, nous nous sentions prêt à mettre le « projet » bébé en route , donc tout naturellement j’ai stoppé ma contraception (laquelle j’oubliais souvent) . Naturellement je me doutais bien que je n’allais pas tomber enceinte directement dès le cycle suivant , nous n’étions pas pressés de toute manière .

Les mois passent, toujours pas de bébé à l’horizon, on ne stresse pas trop , mais au bout d’un an on commence quand même à se poser quelques questions , en voyant nos amis devenir tour à tour parents .

Nous avons donc pris RDV dans une clinique à Meudon, sur les conseils de mon médecin généraliste, chez un gynécologue spécialisé dans les problèmes de fertilité. Bon pour l’amabilité, on repassera, c’est sur ce n’est pas le plus important, mais dans ces moments où l’on se sent perdue, on a limite envie qu’on nous prenne dans les bras.

Il nous dit gentiment qu’il faudra qu’on s’inquiète vraiment qu’au bout de deux ans… Plus facile à dire qu’à faire ! Nous patientons encore quelques mois … Et c’est la que la collection de tests de grossesse négatifs a débuté. Il suffisait d’un jour de retard dans mon cycle pour que je file à la pharmacie, et à chaque résultat négatif ce même sentiment, mais bon nous ne perdions pas espoir.

Nous sommes donc retournés au bout des 2 ans … et là prescription d’une série d’examens médicaux pour mon homme et moi (prise de sang, frottis, spermogramme) . Les résultats reviennent et pas d’anomalie .. Il me prescrit alors un petit traitement de fond pour booster un peu , traitement que je recommencerais 3 fois à quelques mois d’intervalle mais toujours pas de bébé …

Entre temps, nous avions déménagé en Essonne, mais ne supportant plus la vie en région parisienne et souhaitant une maison (dans l’espoir d’y voir grandir des mini nous ), nous sommes partis vivre en Eure et Loir , à mi-chemin entre Chartres et Le Mans.

J’ai donc décidé de m’informer sur les centres de PMA aux alentours et j’ai eu le choix entre celui de Poissy et celui de la Clinique du Tertre Rouge au Mans,le plus proche étant le Mans pour nous.

Je les ai donc contacté pour un rendez vous, et ils m’ont orienté directement vers l’un de leurs gynécologues. Vous imaginez bien que nous avons du refaire tous les tests et toujours les mêmes résultats. Mes ovaires sont juste un peu fainéants mais rien de dramatique et pour Monsieur quelques spermatozoïdes fainéants aussi mais rien qui n’expliquerait cette longue attente . Le gynécologue me fait comprendre alors que nous sommes dans le faible pourcentage des couples où la cause de l’infertilité est difficile à déterminer donc pas évidente à gérer et à soigner.

Pour être sur qu’il n’y aucun soucis interne, je suis hospitalisée pour subir une coelioscopie ( on vous fait 3 petites incisions au niveau du ventre pour y insérer des caméras , voir des instruments chirurgicaux si nécessaire), rien à signaler selon le gynécologue, bonne nouvelle me dit-il… Sur le moment je craque, je sature d’attendre sans connaître la raison de cette longue attente.

Pendant tous ces mois de rendez-vous médicaux, d’attente interminable, la vie continue et à chaque grossesse que l’on apprend c’est le même déchirement et des larmes …

Le gynécologue nous propose alors de tenter une première insémination . Nous présentons alors un dossier au centre de PMA pour un passage en commission , celui ci est validé . Je débute alors le traitement pour cette première insémination, qui malheureusement n’aboutira pas à une grossesse. Premier échec , apprendre à le gérer , et surtout se préparer au suivant.

S’en suit une deuxième tentative après une petite pause , qui elle aussi n’aboutira sur aucune grossesse.

Je ne vous en parle que maintenant, mais pendant ce parcours le plus important c’est de rester uni avec votre moitié. C’est souvent dans ces moments difficiles que l’on se rend compte si son couple est solide ou pas … J’ai eu de la chance de trouver un homme merveilleux qui a su me supporter pendant cette épreuve. Je peux vous dire que j’étais à la limite du supportable à certains moments …( je suis assez pénible en temps normal alors sous hormones je vous épargne les détails ..)

Ananastwins-papa-jumeaux

Comme ces deux tentatives d’insémination n’ont pas fonctionné, le gynécologue nous a expliqué qu’il serait préférable de passer directement à la FIV ( fécondation in vitro) et renoncer aux dernières tentatives d’insémination ,le traitement serait plus lourd mais nous aurions surement de meilleurs résultats.

En mai 2014, nous tentions donc notre première fécondation in vitro . Des injections tous les soirs ( je me piquais toute seule , pourtant je ne suis vraiment pas à l’aise devant les aiguilles) , des comprimés , des prises de sang le matin et des échographies l’après midi un jour sur 2 ( par chance je travaillais à mi-temps et ma responsable était une personne adorable qui m’arrangeait mon planning pour que je puisse me libérer pour les rendez vous médicaux) .Une opération sous anesthésie générale est nécessaire pour la ponction des ovocytes, ce n’est pas long mais jamais très rassurant. Nous avons implanté 2 embryons pour cette première tentative, cela s’est passé un vendredi après-midi. Le lundi matin, j’avais décidé de reprendre mon travail mais mon corps en a décidé autrement. A peine levée, une violente douleur au ventre et un malaise s’en suit . On appelle les pompiers , je suis transportée aux urgences de ma clinique au Mans. Le gynécologue craint une torsion d’ovaire, mais par chance ce n’est pas le cas, mais de gros caillots de sang se sont formés, et le gynécologue a pu les retirer lors de la coelioscopie d’urgence que j’ai subi dès mon arrivée.

Vu les évènements, je n’y crois pas une seule seconde et comme je m’y attendais le résultat de cette FIV est négatif…On fait une pause de quelques mois , nous en avions besoin autant lui que moi.

En octobre s’en suit un transfert d’embryon , le seul qui restait de la première FIV, le traitement est un peu moins lourd heureusement.Nous attendons toujours ces fameux quinze jours pour la prise de sang , nous allons chercher les résultats directement au laboratoire , et là nous voyons un taux de 40 ! Premier test positif depuis le début de ce parcours, nous sommes sur un petit nuage, mais nous restons quand même prudents car une seconde prise de sang est à faire 48h après. Nous attendons donc ces deux jours et là c’est la douche froide le taux est redescendu à 0… Le moral est au plus bas …

Nous patientons encore une fois quelques mois avant de retenter une seconde FIV. Fin février 2015 début du traitement, on répète le même processus INJECTIONS – PRISE DE SANG – ECHO – PONCTION et le vendredi 13 mars 2015 on nous implante 2 jolis petits embryons. Encore et toujours ces 15 jours d’attente mais cette fois ci je dois aller chercher les résultats seule au laboratoire. Je patiente devant l’enveloppe en attendant que mon homme rentre du travail .

Nous l’ouvrons et là nous pouvons lire un taux de 1681 !!! Nous sommes sous le choc mais tellement heureux ! Nous renouvelons 2 fois la prise de sang , 2 jours après le taux atteint 4052 et grimpe à pratiquement 12 000 le 6ème jour ! Quelques jours après, rendez vous chez le gynécologue pour une échographie. Et là nous apercevons sur l’écran deux petites poches et il nous annonce le plus calmement du monde ce sont des jumeaux 🙂

J’espère ne pas avoir été trop longue mais j’ai essayé de vous raconter le plus en détail possible notre parcours pour enfin devenir les parents les plus heureux du monde .

J’aimerais vous dire de ne surtout pas perdre espoir pendant ce long et éprouvant parcours qu’est la PMA, mais je sais qu’entendre cela quand on le vit est assez usant . Comme cette maudite phrase que l’on entend  » Arrête d’y penser , c’est à ce moment là que ça viendra » … On ne peut arrêter d’y penser , ce n’est pas un caprice ,c’est l’envie d’être une mère, de serrer son enfant contre soi, de partager des moments en famille.

Je recommencerais de A à Z pour voir le sourire de Léo et Raphaël . Ils sont ma raison de vivre .

Ananastwins-PMA